27.11.2010

L'utopie de l'Union Européenne

Notre continent a longtemps été déchiré par les guerres internes qui ont ravagé sa population et généré des horreurs incroyables sur son sol. L'idée d'une union entre les peuples d'Europe pour apporter la paix au continent semblait s'imposer pour des raisons pratiques autant que selon l'idéal, pertinent, que nous autres Européens, de l'Atlantique à l'Oural, avons beaucoup en commun. L'idée de l'Union Européenne est donc née d'une vision noble de notre avenir, et aurait pu devenir un beau projet.

Ce constat étant posé, les regrets sont d'autant plus grands quand on voit ce qu'est devenu l'Union Européenne aujourd'hui: une pieuvre bureaucratique qui étouffe le génie de ses peuples sous un amas de règlements et de décisions prises par des commissions d'incompétents, propulsés dans les hautes sphères de cette absurde usine à gaz par un subtil jeu de "networking".

Finalement le problème fondamental est assez facile à identifier: c'est l'utopie de la démocratie mondialiste. L'oligarchie de Bruxelles se gargarise à chaque discours de son combat pour la démocratie, persuadée de jouer son rôle de défenseur du Bien face aux forces du mal rétrogrades qui refusent l'ordre nouveau: celui du formulaire, de la commission et de la table ronde. Notons tout de même que, en plus de penser principalement à leurs avantages personnels, il est possible que certains membres de cette clique néfaste croient vraiment à ce qu'ils disent...

Or l'Union Européenne est une dictature qui avance masquée. Une dictature sans police secrète (quoique), sans armée, sans torture... tout cela est devenu parfaitement inutile finalement. Contrôler la pensée de 300 millions de citoyens au moyen de campagnes de propagande suffit au grand projet qui leur tient à coeur: l'uniformisation de la culture et son nivellement par le bas, le musellement de la liberté d'expression, le contrôle des consommants et des illettrés. Tout cela évidemment, au nom du Bien. Au nom de la marche de l'humanité vers un avenir meilleur.

La véritable démocratie n'a finalement rien à voir avec les instances de Bruxelles. On parle de démocratie quand un groupe d'individus, restreint au niveau du nombre et de l'espace, gère de manière efficace et solidaire les éléments de base de la vie en communauté tout en laissant une liberté maximale à ses membres, et un rôle central à la cellule familliale. En ce sens, la véritable démocratie est sûrement proche d'un certain idéal anarchiste. Mais les européens du XXIe siècle sont tellement persuadés d'être libres et heureux qu'un sursaut pour éviter in extremis l'effondrement, déjà bien entamé, de l'Europe semble peu probable.

Cependant, une voie à suivre pourrait consister à opérer une décentralisation administrative et politique, tout en renforçant la coopération scientifique, artistique et littéraire à large échelle. Les idées doivent circuler, pas les formulaires! Une part essentielle de l'esprit européen consiste justement à refuser tout carcan collectif pour permettre à l'Homme de s'épanouir et de développer son potentiel intellectuel. L'esprit de l'Union Européenne est paradoxalement opposé à l'idéal historique des peuples européens...

 

21.03.2010

la ligue journalistico-policière

Il fut un temps ou la préoccupation de l'Hommes européen était le développement scientifique ou le rayonnement de sa langue par la littérature... Les nouvelles qui circulaient entre les cercles de la société, par le biais des journaux notamment,  portaient le collectif vers un idéal humain fait d'excellence intellectuelle certes, mais également de défauts, d'excès et de drames... Internet n'existait pas, mais la circulation de la connaissance avait un sens, celui de donner un écho collectif aux traits de génie individuels si caractéristiques de notre culture qui surgissaient parfois, qui d'équations mathématiques, qui d'un débat philosophique autour d'une bouteille de vin. Le journalisme et l'information ne furent donc pas toujours de vains mots.

La lecture de la presse généraliste d'aujourd'hui ne peut que laisser songeur face à ce constat... On peut prendre pour exemple les débats dits "de société" par les journalistes, mais en réalité amplifiés par leur soins pour pouvoir étaler dans leurs canards leur prose convenue. On passera sur la grippe H1N1, un problème plus politico-médiatique que médical. On passera sur l'idée d'un avocat pour animaux, qui n'appelle d'autre commentaire que l'écho de sa propre absurdité.

On peut par contre revenir sur le grand sujet du jour d'un quotidien francophone: les miraculeux radars "à vitesse moyenne". L'idée est assez proche de l'exemple qu'un prof de maths pourrait donner à l'école pour illustrer une introduction au calcul différentiel. En effet, les radars actuels fonctionnent selon le principe "vitesse instantanée": on fait se réfléchir une onde radar sur le véhicule à contrôler, le décalage en fréquence de l'onde réfléchie, par effet Doppler, renseigne sur la vitesse du méchant automobiliste. Mais votre vitesse avant ou après le radar importe peu. Les nouveaux radars à l'étude, eux, délimitent artificiellement un tronçon dont le temps de parcours est mesuré. En divisant la longueur du parcours par le temps mis par la voiture pour le parcourir, on peut déterminer la vitesse moyenne du véhicule et ainsi se réjouir d'envoyer une amende à tous les "délinquants de la route". Hourra, le progrès est en marche! Les policiers et les journalistes se réjouissent du fait qu'il sera alors impossible de dépasser la vitesse autorisée... D'abord cela est absurde à cause du principe même de la vitesse moyenne: pour que ces radars soient dissuasifs, il faut que le tronçon considéré soit assez long. Rien n'empêchera alors une pointe à 200 km/h puis un gros freinage pour revenir à 80km/h, et ainsi conserver une vitesse moyenne correcte. Mais le pire, c'est que ce genre de nouvelles, relayées par des journalistes frétillants à l'évocation de cette "avancée dans le domaine de la sécurité", montre que le rôle d'une police dépassée par l'accroissement de la délinquance, la vraie, consiste de plus en plus à rançonner les citoyens-automobilistes pour avoir enfreint des règles arbitraires de vitesse fixées par des parlements toujours en quête de lois à ajouter les unes sur les autres...

Pour enfoncer le clou, les journalistes relatent l'objectif de la nébuleuse de la prévention routière: c'est toujours "0 mort sur les routes"! Raisonnement typiquement technocrate...A quand une promesse, "0 mort dans les hôpitaux"?

09.01.2010

La culture européenne

Chaque jour qui passe, je m'émerveille davantage devant les grandeurs et les fastes de la culture européenne. L'Histoire des populations qui se sont établies sur ce continent est quand même extraordinaire: tant de découvertes, d'idées révolutionnaires, d'oeuvres d'art magnifiques y ont vu le jour.

Bien que relativement diverses en apparence, les nombreuses populations du continent ont plus de points communs de que divergences, formant un ensemble civilisationnel qui mérite de nombreuses louanges. On peut distinguer deux traits principaux du caractère européen:

-Un sens de la liberté indestructible: l'Européen aime par-dessous tout penser et agir librement, se forger sa propre conception du monde. Il se méfie naturellement des dogmes: les religions originelles des Celtes, des Latins, des Grecs ou des Germains étaient fondées sur un panthéon de plusieurs dieux à formes humaines, pétris de défauts et qui n'imposaient aucune voie toute tracée. Si, par la suite, le Christianisme sémite finit par s'imposer, c'est en partie en raison de son message d'Amour Absolu d'une grande beauté philosophique, mais aussi en raison du contrôle social que cette religion permettait aux Puissants d'exercer sur les peuples. Qu'à cela ne tienne, les Européens ont fait leur le Christianisme, produisant de nombreux chefs-d'oeuvre artistiques comme les cathédrales ou développant une importante philosophie en mélangeant le Dieu unique de cette nouvelle foi avec la tradition hellène. D'ailleurs, les saints vénérés par l'Eglise catholique ne rappellent-ils pas le polythéisme des débuts? Au niveau politique, ce n'est pas un hasard si la démocratie véritable, consacrant la primauté de l'individu, est née en Europe... Aucun totalitarisme ne pourrait s'établir de manière vraiment durable en Europe, tant ses fondamentaux sont étrangers à l'esprit européen.

-Un sens inné du rationnel: De tout temps, l'Européen a cherché à expliquer de manière logique le monde qui l'entoure. La méthodologie scientifique, la capacité d'abstraction généralisée et la recherche de l'objectif par opposition au subjectif sont nées sur le Vieux-Continent. Quel terreau fertile la Science allait trouver là, avant d'essaimer sur toute la planète! Une grande part des découvertes scientifiques considérées come fondamentales aujourd'hui, comme la mécanique quantique en physique, sont de construction européenne.

L'Europe, c'est aussi une littérature d'une richesse infinie, des légendes captivantes exaltant les plus nobles sentiments humains, des monuments à couper le souffle, des tableaux à l'esthétique inégalée... Comment ne pas être fier d'être européen, comment ne pas rendre hommage aux réalisations des générations qui nous ont précédés sur ce continent? Puissent les futurs habitants de cette terre ne jamais oublier d'où ils viennent!